Vous vous apprêtez à partir en vacances avec votre chien sur la côte d’azur? Vous habitez au Sud de la Vallée de la Loire? Cet article est pour vous! Je vais vous parler ici d’une maladie grave, une protozoose (maladie à protozoaire) , d’une zoonose (pathologie transmissible de l’animal à l’homme) : la Leishmaniose.

Zone d’enzootie

Leishmaniose canineLe risque est vraiment élevé sur le pourtour Méditerranéen, mais avec le réchauffement des températures, on en retrouve aussi un peu plus au Nord, vers la vallée de la Loire.  Les cas cliniques retrouvés ailleurs, plus au Nord sont liés au séjour des animaux dans les zones à risque. La maladie s’étend jusqu’en chine et en Amérique.

Maladie vectorielle

Le parasite à l’origine de la maladie est un protozoaire, un organisme unicellulaire, qui prolifère dans des cellules du chien. Mais il existe un vecteur, un intermédiaire entre le chien et le parasite, et c’est cet intermédiaire qui va « injecter » le parasite dans le corps du chien. Ce vecteur est un moustique: le phlébotome.

Le phlébotome a besoin de certaines conditions pour pouvoir se développer. Il lui faut une température chaude, (supérieure à 19°C) et une abscence de vent sinon il éprouve des difficultés à voler. Il apprécie les vieux murs, avec des anfractuosités où il peut se cacher. Enfin, et ce détail est très important pour la prévention de la maladie: il sort au crépuscule!

Symptômes de la Leishmaniose

Le délai d’incubation peut être très long, entre 3 et 18 mois, et même plusieurs années parfois.

On va vraiment voir apparaitre des symptômes cutanés, une dermatite (inflammation de la peau) avec ou sans infection bactérienne associée, des nodules, des ulcérations sur les muqueuses, le nez les oreilles. Les griffes s’allongent de manière remarquable.  Les ganglions et la rate son inflammés. On va noter un très net amaigrissement avec une fonte musculaire impressionnante. Des symptômes occulaires, de l’anémie et de l’insuffisance rénale font aussi partie du tableau clinique.

Voilà pour le programme des réjouissances, et comme une mauvaise nouvelle n’arrive généralement pas seule, sachez aussi que le traitement est très lourd, pas toujours efficace, les rechutes peuvent survenir et surtout… même si on peut parfois améliorer les signes cliniques, les animaux ne sont pas débarrassés complètement des parasites… le pronostic est donc toujours réservé, ou sombre.

Mieux vaut prévenir que guérir…

leishmaniose chienSurtout dans le cas de la Leismaniose, vous l’aurez compris maintenant! Alors autant bien insister sur la prévention.

  • éviter de sortir les chiens au crépuscule, les jours sans vent lorsqu’il fait chaud
  • installer des moustiquaires
  • installer des pièges à phlébotomes
  • s’équiper de lampes spécifiques qui attirent et tuent les insectes
  • implanter de végétaux: Tamaris, Mimosa, Câprier
  • traiter les chenils par des insecticides photostables spécifiques (type pyrétrhinoïdes)

Protection spécifique du chien contre la Leismaniose

Une petite révolution dans la protection du chien, il existe désormais un vaccin contre la leishmaniose!

Le protocole vaccinal est assez contraignant (3 injections à 3 semaines d’intervalle, puis une fois par an). Le vaccin en lui-même est assez cher et il peut aussi fatiguer le chien. Mais qu’est-ce qu’une fatigue passagère (un jour ou deux, facilement contrôlable) à côté d’une maladie excessivement grave et au pronostic sombre?

Le vaccin est efficace à environ 90%. Ce qui veut dire qu’effectivement ce n’est pas une protection totale, mais quand même, 90%! C’est déjà très bien.

Ce que je conseille: multiplier les moyens de prévention!

Aucune protection n’est efficace à 100%, alors en multipliant les moyens de prévention, on diminue vraiment les risques!

Un collier anti-moustiques, un spot-on anti-moustiques et une vaccination correcte, voilà ce qui me semble efficace!

Vous trouverez ces produits efficaces chez votre vétérinaire et non pas au supermarché!

Au risque de passer pour quelqu’un qui prêche pour sa paroisse, je vais me permettre une petite digression: n’importe qui peut vendre n’importe quoi dans un supermarché. J’en parlerai en long en large et en travers quand je ferai un article sur l’alimentation de nos animaux, mais ne vous laissez pas berner par les sirènes du marketing!

En supermarché, les produits pour être référencés, doivent répondre à un certain cahier des charges. Et dans ce cahier des charges, il n’est pas spécialement exigé des produits d’avoir une efficacité prouvée.

Ainsi on pourra trouver par exemple des colliers anti-parasitaires à base d’huile essentielle d’eucalyptus ou de citronnelle… Je n’ai rien contre les médecines alternatives, bien au contraire, mais d’expérience… on trouve encore sur les animaux traités par ces colliers, des parasites… qui sentent bon l’eucalyptus ou la citronnelle 😉

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